Les 25 sons qui ont changé le monde

1860


  • Édouard-Léon Scott de Martinville a enregistré le premier son.

    Contenu de l’accordéonl’inventeur français Édouard-Léon Scott de Martinville réussit à enregistrer pour la première fois un son humain à l’aide de son invention, le phonautographe. Cet appareil consistait en un stylet vibrant qui reproduisait les ondulations sonores sur un support visuel en papier noirci à la fumée. Scott de Martinville ne cherchait pas à reproduire le son mais à le visualiser graphiquement, créant ainsi le premier tracé sonore connu de l’histoire.

    Ce premier enregistrement est une étape fondamentale dans l’histoire du son. Bien que l’appareil ne permettait pas la restitution audible à l’époque, les phonautogrammes ont été numérisés et rendus audibles en 2008, révélant la voix humaine captée plus de 150 ans plus tôt. Cet exploit préfigure l’ensemble des technologies d’enregistrement audio qui suivront, du phonographe à l’enregistrement numérique moderne.

1913

  • Luigi Russolo et son manifeste L Art des bruits.

    Luigi Russolo, artiste et compositeur italien du mouvement futuriste, publie en 1913 son manifeste L’Art des Bruits (The Art of Noises). Dans ce texte, il propose une vision radicale : il affirme que l’oreille moderne s’est habituée au bruit des machines de l’ère industrielle et que la musique doit intégrer ces « bruits » comme matériaux sonores à part entière. Son manifeste est considéré comme l’un des textes les plus influents de la musique du XXe siècle et préfigure l’évolution vers la musique concrète et électronique.

    Pour mettre en pratique ses idées, Russolo conçoit et fabrique des instruments appelés intonarumori, des générateurs mécaniques de bruit qui produisent des sons comme des grondements, des sifflements ou des crépitements. Il donne dès 1913 et 1914 plusieurs concerts futuristes où ces instruments sont joués, provoquant souvent l’étonnement ou l’hostilité du public, mais posant les bases des expérimentations sonores qui vont nourrir la musique expérimentale et électronique des décennies suivantes.

1920

  • Invention du Theremin par Léon Theremin.

    En 1920, le physicien russe Léon Theremin (Lev Termen) met au point l’un des tout premiers instruments de musique électronique, le thérémine. Cet instrument unique ne nécessite aucun contact physique : le musicien contrôle la hauteur et le volume du son en déplaçant ses mains près de deux antennes reliées à des oscillateurs électronique. Grâce à cette technique, le thérémine produit des sons étranges et fluides, évoquant souvent des tonalités spectrales ou futuristes.

    Le thérémine devient rapidement célèbre dans les années 1920, notamment lorsqu’il est joué devant des publics enthousiastes en Union soviétique puis en Europe et aux États-Unis. Sa sonorité singulière influence des générations de compositeurs et de musiciens, et il est utilisé dans des bandes sonores de films, ainsi que plus tard dans la musique populaire et expérimentale.

1926

  • Première utilisation amplifiée de haut parleurs dans les salles

    En 1926, l’industrie du cinéma et de la radio commence à intégrer de manière systématique des systèmes de son amplifiés avec haut-parleurs électrodynamiques. Cette technologie, basée sur une membrane reliée à une bobine mobile dans un champ magnétique, permet de diffuser un son plus puissant et plus précis qu’avec les anciens haut-parleurs à cône rigide ou à grain. C’est une étape importante vers le son moderne, car elle rend possible une écoute de qualité dans de grandes salles, que ce soit pour les concerts, les émissions de radio publiques ou les projections cinématographiques.

    L’année 1926 est aussi celle de changements techniques dans le cinéma parlant : après les premiers essais de son synchronisé avec les images, les systèmes de sonorisation qui utilisent des haut-parleurs amplifiés deviennent progressivement la norme. Cela permet au public de vivre une expérience audiovisuelle immersive, où dialogues, musique et effets sonores sont diffusés clairement et avec fidélité. C’est un moment crucial qui prépare l’arrivée du son stéréo et des technologies cinématographiques plus avancées dans les décennies suivantes.

1939


  • Raymond Scott et ses expérimentations électroniques.

    e compositeur et inventeur américain Raymond Scott commence à développer des dispositifs électroniques destinés à produire et contrôler le son de manière automatique. Bien qu’il soit surtout connu du grand public pour ses compositions utilisées plus tard dans des dessins animés, Scott est avant tout un pionnier de la recherche sonore. Il s’intéresse très tôt à l’idée de machines capables de générer de la musique sans intervention humaine directe, une idée extrêmement avant-gardiste pour l’époque.

    Dans les années suivantes, Raymond Scott conçoit des instruments comme le Clavivox et le Circle Machine, qui utilisent des oscillateurs, des séquenceurs primitifs et des circuits électroniques. Ces inventions anticipent de plusieurs décennies les synthétiseurs modulaires et les séquenceurs modernes. Son travail influencera indirectement la musique électronique, la recherche sonore en studio et même les sons utilisés plus tard dans des séries comme Futurama, où ses compositions seront largement reprises.

1948

  • Invention du disque vinyle microsillon

    l’ingénieur et compositeur français Pierre Schaeffer fonde la musique concrète au sein de la Radiodiffusion Française. Contrairement à la musique traditionnelle basée sur des notes et des instruments, la musique concrète utilise des sons enregistrés du réel bruits, voix, objets, machines qui sont ensuite manipulés, découpés, inversés ou répétés sur bande magnétique. La première œuvre emblématique de ce mouvement est Étude aux chemins de fer, composée à partir de sons de trains.

    Cette approche révolutionne totalement la conception du son musical. Pour la première fois, le studio devient un instrument à part entière, et l’enregistrement n’est plus seulement un moyen de captation mais un outil de création. La musique concrète influence profondément la musique expérimentale, la musique électronique, le sound design et même les pratiques actuelles de sampling utilisées dans la musique contemporaine et le cinéma.

1957

  • Mise en place officielle du son stéréo pour la musique enregistrée
    L’arrivée du son stéréophonique marque une étape majeure dans l’histoire du son. Bien que des expériences de son stéréo datent des années 1930, c’est au milieu des années 1950 que la stéréophonie commence à être utilisée commercialement pour les enregistrements et les disques destinés au public. Les premières productions en stéréo permettent d’entendre des instruments placés à gauche et à droite du champ sonore, créant une impression d’espace et de profondeur, très différente du son mono qui prédominait jusqu’ici. Ces avancées trouvent leur application dans la musique populaire, le jazz et la musique classique, offrant une expérience beaucoup plus immersive aux auditeurs. 
     
    Le passage au stéréo n’est pas immédiat, mais il s’impose progressivement à partir de la fin des années 1950 et surtout au début des années 1960. Les disques stéréo deviennent un standard pour les productions de grande envergure, donnant naissance à des techniques de mixage et d’enregistrement nouvelles. Les ingénieurs du son explorent alors l’idée de placer des sources sonores à différents points du panorama gauche-droite, ce qui influence profondément la manière dont la musique est produite, consommée et ressentie.
     
     

1964


  • Premier synthétiseur modulaire Moog
    En 1964, Robert Moog, ingénieur américain, conçoit le premier synthétiseur modulaire commercial moderne, connu aujourd’hui sous le nom de Moog synthesizer. Cette invention repose sur une série de modules électroniques, tels que des oscillateurs, des filtres et des amplificateurs, qui peuvent être reliés entre eux pour créer différents sons électroniques. À l’origine, ces instruments étaient volumineux et coûteux, mais la vision de Moog était de les rendre assez compacts pour que des musiciens puissent les utiliser de manière expressive.

    Le synthétiseur de Moog change la manière de créer et de percevoir le son dans la musique : il permet de générer des sons complètement nouveaux, non basés sur des instruments acoustiques. Cette innovation technique ouvre la porte à toute une génération de musique électronique et influence des genres allant du rock psychédélique aux musiques expérimentales et populaires. Rapidement, des artistes et compositeurs adoptent le synthétiseur comme outil de création sonore inédit. 

1968


  • L'Odyssée de l'espace et l usage iconique d'Also sprach Zarathustra

    L’album Switched-On Bach de Wendy Carlos, sorti en 1968, est un moment charnière pour la musique électronique : c’est l’un des premiers enregistrements populaires entièrement réalisés avec un synthétiseur Moog. L’album propose des interprétations des œuvres de Bach jouées sur cet instrument révolutionnaire, et il remporte un succès critique et commercial inattendu.

    Grâce à cet album, le synthétiseur Moog devient un instrument visible et désirable dans le monde musical. Switched-On Bach se vend à plus d’un million d’exemplaires et gagne plusieurs Grammy Awards, contribuant à faire connaître la musique électronique auprès d’un public beaucoup plus large que les cercles expérimentaux ou universitaires qui l’avaient vue naître.

1971

  • Wendy Carlos pour Orange mécanique révolutionne la musique électronique au cinéma

    Pour le film Orange mécanique (A Clockwork Orange) de Stanley Kubrick (1971), Wendy Carlos compose une bande-son qui mêle musique classique retravaillée électroniquement et nouveaux sons synthétiques. Elle utilise notamment le vocoder, un outil qui analyse et modifie la parole, pour créer des textures vocales robotiques dans certaines pistes. Cela figure parmi les premières utilisations significatives du vocoder dans une bande-son de film, bien avant que cette technologie ne devienne populaire dans la musique pop et électronique.

    La musique de Orange mécanique est marquante parce qu’elle juxtapose des œuvres classiques iconiques comme des extraits de Beethoven ou Henry Purcell avec des sonorités synthétiques futuristes. Cette approche renforce l’impact visuel du film et montre comment les technologies électroniques peuvent réinventer des compositions traditionnelles, influençant des générations de compositeurs de musique de film.

1975

  • Premier casque audio dynamique moderne

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    À la fin des années 1970, l’apparition du Walkman de Sony révolutionne la manière dont le public écoute de la musique. Bien que des écouteurs existent déjà, le Walkman rend l’écoute personnelle portable et accessible, permettant aux gens d’emporter leur musique partout avec eux. Cela transforme profondément la relation au son, en faisant passer l’écoute musicale d’un moment collectif autour d’un appareil fixe à une expérience intime et mobile.

    Le succès du Walkman contribue à l’essor de toute une culture d’écoute personnelle, qui influence les industries de l’audio et de la musique dans les décennies suivantes. Il ouvre la voie à des formats encore plus petits et pratiques, comme les lecteurs CD portables puis les baladeurs numériques, jusqu’aux smartphones d’aujourd’hui.

1982

  • Sortie du Compact Disc CD

    Philips et Sony commercialisent le Compact Disc, plus connu sous le nom de CD. Il s’agit du premier support audio grand public entièrement numérique, utilisant un laser pour lire des données encodées sous forme binaire. Contrairement au vinyle ou à la cassette, le CD ne subit pas d’usure mécanique lors de la lecture et offre une qualité sonore constante, sans souffle ni dégradation progressive.

    Le CD marque une rupture majeure dans l’histoire du son : il impose le numérique comme nouveau standard de diffusion musicale. Sa capacité à stocker jusqu’à 74 minutes de musique en haute qualité transforme les habitudes d’écoute et de production. Pendant plus de vingt ans, le CD devient le support dominant de l’industrie musicale avant d’être progressivement remplacé par le dématérialisé.

1983

  • Le standard MIDI change définitivement la musique

    le protocole MIDI (Musical Instrument Digital Interface). Contrairement à un format audio, le MIDI ne transmet pas de son mais des informations musicales telles que la hauteur des notes, leur durée, leur vélocité ou les changements de paramètres. Il permet à des instruments électroniques, synthétiseurs et ordinateurs de communiquer entre eux de manière standardisée.

    Le MIDI révolutionne la création musicale en rendant possible le pilotage de plusieurs instruments à partir d’un seul clavier ou d’un logiciel. Il devient rapidement un outil central dans les studios, la musique électronique, la pop et le cinéma. Aujourd’hui encore, malgré les avancées technologiques, le MIDI reste une base fondamentale de la production musicale moderne.

1984

  • Le premier vocoder accessible au grand public popularisé par les musiques électro et funk

    Bien que le vocoder soit inventé dans les années 1930 pour les télécommunications, il devient réellement populaire dans la musique à partir des années 1980. Cet outil analyse la voix humaine et la combine avec un signal sonore, souvent un synthétiseur, pour produire une voix artificielle et robotique. Il est largement utilisé dans la musique électronique, funk et pop.

    Le vocoder marque l’imaginaire collectif grâce à son esthétique futuriste. Il influence durablement le sound design, la musique de film et les cultures électroniques. Son utilisation symbolise le lien entre la voix humaine et la machine, une thématique centrale dans l’évolution du son au XXe siècle.

1987 

  • Début de l'ère des samples avec l Akai S900

    le sampling numérique devient largement accessible grâce à des samplers matériels plus abordables et performants, comme l’Akai S900 puis le S950. Ces machines permettent d’enregistrer des sons réels voix, instruments, bruits puis de les rejouer à différentes hauteurs et durées via un clavier. Contrairement aux premières expériences coûteuses des années 1970, ces samplers ouvrent la création sonore à un public beaucoup plus large de musiciens et de producteurs.

    Le sampling transforme profondément la musique moderne, notamment le hip hop, la musique électronique et la pop. Il change le rapport à la création sonore, où le son existant devient une matière première à réinterpréter. Cette pratique influence durablement le sound design, la production musicale et la culture musicale contemporaine, jusqu’aux techniques de sampling numérique utilisées aujourd’hui dans les logiciels de musique.

1991

  • Apparition du MP3 et révolution de la compression audio.

    des chercheurs de l’institut Fraunhofer en Allemagne finalisent le format MP3, un algorithme de compression audio avec perte. Le MP3 réduit considérablement la taille des fichiers sonores en supprimant les fréquences jugées inaudibles par l’oreille humaine, tout en conservant une qualité acceptable pour l’écoute.

    Le MP3 bouleverse totalement la diffusion de la musique. Il rend possible le stockage de centaines de morceaux sur un ordinateur, puis sur des lecteurs portables. Ce format joue un rôle clé dans l’essor du téléchargement, du partage en ligne et plus tard du streaming, transformant profondément l’économie et l’accès à la musique.

1993

  • THX Surround impose une norme de qualité sonore au cinéma.

    la certification THX, développée par Lucasfilm, s’impose comme une référence de qualité sonore dans les salles de cinéma. Contrairement à un format audio, THX est un ensemble de normes techniques garantissant que le son est reproduit fidèlement, avec une dynamique, une spatialisation et une clarté optimales.

    Le système THX contribue à généraliser le son surround immersif, plaçant le spectateur au centre de l’expérience sonore. Cette approche influence non seulement le cinéma, mais aussi les systèmes home cinéma et le jeu vidéo. Elle marque une étape essentielle dans la recherche d’une immersion sonore toujours plus réaliste.

1998

  • Naissance du streaming audio (précurseurs avant Spotify)

     

    les premières technologies de streaming audio commencent à se démocratiser avec l’amélioration des connexions internet et des formats compressés comme le MP3. Contrairement au téléchargement, le streaming permet d’écouter un fichier sonore en temps réel, sans qu’il soit stocké sur l’ordinateur de l’utilisateur. Cette approche marque un changement fondamental dans la manière d’accéder au son.

    Le streaming ouvre la voie à une écoute instantanée et connectée, qui deviendra dominante dans les années suivantes. Il transforme profondément l’industrie musicale, les usages du public et la relation à la musique, en faisant passer l’audio d’un objet possédé à un service accessible à la demande.

     

1999

  • Le logiciel Pro Tools devient un standard pour la production studio

    À la fin des années 1990, le logiciel Pro Tools, développé par Digidesign, s’impose comme la référence des studios professionnels. Il permet d’enregistrer, éditer, monter et mixer le son entièrement en numérique sur ordinateur, avec une précision jusque-là réservée aux studios analogiques coûteux. Pro Tools introduit une nouvelle manière de travailler le son, basée sur la non-destruction et la flexibilité totale.

    Cette évolution transforme radicalement les métiers du son. Le montage devient plus rapide, le nombre de pistes quasi illimité et la production musicale se démocratise. Le home studio devient une réalité, et le rôle du logiciel prend une place centrale dans la création musicale, le cinéma et la post-production audio.

2001

  • La musique électronique The Booji

    À la fin des années 1990, des projets sonores expérimentaux comme The Booji s’inscrivent dans une continuité de recherches autour du son électronique et de l’esthétique futuriste. Ces productions explorent des textures artificielles, des voix modifiées et des structures non conventionnelles, héritées des expérimentations électroniques du XXe siècle.

    Ce type de musique illustre l’évolution du son vers des formes plus conceptuelles et hybrides, où la frontière entre musique, bruit et design sonore devient floue. Il témoigne aussi de l’influence durable des technologies numériques sur la création artistique.

2005

  • Développement massif du podcast et de la narration audio.

    En 2005, le podcast connaît une véritable explosion grâce à la généralisation des lecteurs MP3, des connexions internet plus rapides et surtout à l’intégration des podcasts dans iTunes par Apple. Pour la première fois, les utilisateurs peuvent s’abonner facilement à des contenus audio et recevoir automatiquement de nouveaux épisodes. Le podcast devient alors un format accessible au grand public, et plus seulement à une communauté technique.

    Cette évolution transforme profondément la diffusion du son. Le podcast libère l’audio des contraintes horaires de la radio traditionnelle et favorise une écoute personnelle, souvent au casque. Il ouvre un nouvel espace pour la narration, le journalisme, la création sonore et annonce le retour en force de l’audio dans l’écosystème numérique moderne.

2019


  • Son 8D et spatialisation immersive popularisée sur internet

    En 2019, le concept de son 8D se popularise sur Internet et les plateformes de streaming, notamment via YouTube. Il s’agit d’une technique de mixage qui utilise la spatialisation binaurale pour donner l’impression que le son se déplace autour de la tête de l’auditeur, créant une expérience immersive au casque. Bien que ce ne soit pas une technologie nouvelle, son usage massif dans la musique grand public et les vidéos virales marque un tournant dans la perception de l’audio personnel.

    Cette approche met l’accent sur l’expérience sensorielle et immersive, rapprochant l’auditeur d’un environnement sonore tridimensionnel. Elle influence non seulement la musique mais aussi le gaming, la réalité virtuelle et la production audiovisuelle, confirmant la tendance actuelle vers un son toujours plus enveloppant et interactif.

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